Au Togo, la suppression de l’examen du Certificat d’aptitude pédagogique (CAP) suscite des interrogations dans le milieu éducatif. Encadré par un texte datant de 1978, cet examen vient de faire l’objet d’une décision d’abrogation. Au -delà de la mesure, la question qui revient est celle-ci: pourquoi, le gouvernement a-t-il décidé de mettre fin à ce dispositif et quelles en seront les conséquences pour les enseignants concernés ?
L’information a été rendue publique le 28 octobre 2026. Selon les éléments rapportés par les canaux officiels, le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a signé, le 23 octobre, un arrêté abrogeant le texte du 12 avril 1978 qui organisait les examens du Certificat d’aptitude pédagogique.
Cette décision marque un changement dans un dispositif qui a encadré pendant plusieurs décennies l’évaluation des compétences pédagogiques de certaines catégories d’enseignants.
Institué par un arrêté datant de 1978, le cadre réglementaire du CAP s’inscrit dans une période où les modalités de formation et de qualification des enseignants répondaient à une organisation particulière du système éducatif togolais.
Près de cinquante ans plus tard, son abrogation pose la question de l’adaptation des mécanismes de certification pédagogique aux besoins actuels de l’école togolaise.
S’agit-il d’une volonté de moderniser le système de qualification des enseignants, de revoir les conditions d’accès à certains grades ou de réorganiser la formation professionnelle ? À ce stade, les informations officielles disponibles ne permettent pas d’établir avec certitude les motivations précises des autorités.
Il convient donc de distinguer les raisons éventuelles de la réforme des motifs effectivement avancés par le ministère.
Quelles conséquences pour les enseignants ?
Au-delà de la portée réglementaire de la décision, la principale préoccupation concerne les enseignants qui préparaient cet examen ou qui comptaient sur son obtention pour faire évoluer leur situation professionnelle.
La suppression du dispositif soulève notamment des questions sur les modalités de reconnaissance des compétences pédagogiques, les perspectives de carrière des candidats et les éventuelles voies de certification qui pourraient être maintenues ou mises en place.
Des dispositions transitoires sont également à prendre en compte. D’après les informations disponibles, certaines catégories de candidats pourraient encore être autorisées à se présenter au CAP, selon leur statut et les diplômes détenus. Les conditions précises doivent toutefois être appréciées à la lumière du texte réglementaire applicable.
Pour l’heure, la décision d’abroger le texte de 1978 est rapportée, mais ses justifications détaillées ne ressortent pas clairement de la communication officielle disponible.
Une clarification du ministère de l’Éducation nationale permettrait de mieux comprendre les objectifs poursuivis, le sort réservé aux candidats déjà engagés dans la préparation de l’examen et les éventuelles mesures d’accompagnement prévues.
Car au-delà de la suppression d’un examen ancien, l’enjeu est celui de la reconnaissance des qualifications des enseignants et de la cohérence des parcours professionnels dans le système éducatif togolais.
En attendant des explications complémentaires, une question reste posée : par quel mécanisme les compétences pédagogiques des enseignants concernés seront-elles désormais reconnues et valorisées ?
Gamé KOKO



