Edem Tengue met les chimistes au défi de décarboner les navires

Les 26ᵉ Journées scientifiques annuelles de la Société ouest-africaine de chimie (SOACHIM) se sont déroulées du 11 au 15 août derniers l’Université de Lomé. Pendant quatre jours, chercheurs, enseignants-chercheurs et jeunes scientifiques de la sous-région ont échangé autour du rôle de la chimie dans les grands défis du développement durable en Afrique. Présent à la cérémonie d’ouverture, Edem Tengue, a invité les chimistes à mettre leur expertise au service des enjeux auxquels fait face son secteur.
Selon le ministre délégué chargé de l’Économie maritime, la transition énergétique du secteur maritime constitue l’un des chantiers sur lesquels la recherche scientifique peut apporter des réponses concrètes. Le ministre a notamment évoqué la recherche de nouvelles solutions pour réduire les émissions des navires et développer des carburants alternatifs.
« Voilà un domaine où la chimie peut vraiment aider les produits bleus », a-t-il lancé devant les participants. Parmi les pistes évoquées figurent les carburants alternatifs, l’hydrogène et la valorisation des ressources disponibles en Afrique de l’Ouest.
M. Tengue fait état de discussions avec l’Organisation maritime internationale autour d’un projet visant à étudier le potentiel de développement de carburants maritimes dans la région. Une réflexion qui s’inscrit dans un contexte de décarbonation du transport maritime et de recherche d’énergies moins émettrices.
Pour lui, les chercheurs ont donc un rôle à jouer dans cette transition. « Je crois qu’on est à un point sur lequel les savants, les chercheurs, vous pouvez contribuer à notre action », a-t-il déclaré.

L’océan comme réponse à la sécurité alimentaire

L’autre préoccupation soulevée par le ministre reste la sécurité alimentaire. Ancien ministre chargé de la Pêche, Edem Tengue estime que les ressources halieutiques disponibles dans cette partie de l’Atlantique ne suffisent pas à répondre aux besoins croissants des populations.
L’aquaculture apparaît dès lors comme une piste importante, mais elle reste confrontée à un problème de coût. L’alimentation des poissons d’élevage dépend notamment de matières premières céréalières dont le prix pèse sur la compétitivité de la production locale.
Il appelle là encore les chimistes à contribuer à la recherche de solutions. L’objectif serait notamment de mettre au point des alternatives moins coûteuses pour l’alimentation des poissons et de permettre à l’aquaculture africaine de gagner en compétitivité.
Ces préoccupations rejoignent directement le thème de cette 26ᵉ édition de la SOACHIM : « La chimie face aux enjeux de l’économie bleue, de l’énergie, de la sécurité sanitaire et alimentaire dans le contexte du développement durable en Afrique ».
Conférences plénières, tables rondes, communications scientifiques et présentations de travaux de recherche ont été au programme. Les échanges sont organisés autour de cinq grands axes, allant de la chimie des matériaux aux sciences agroalimentaires, en passant par la chimie de l’eau, l’environnement, l’énergie et les mines.
À travers ces assises, la SOACHIM entend rapprocher la recherche des préoccupations concrètes des pays de la sous-région.

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