Au Togo, l’initiative de Gilbert Bawara de relancer le dialogue politique dans le cadre du Cadre permanent de concertation (CPC) cristallise le débat au sein de la classe politique. Si certains acteurs voient cette démarche d’un bon œil, d’autres, en revanche, la rejettent. C’est le cas de quatre regroupements de l’opposition, réunis autour du « Manifeste Génération Togo », qui dénoncent une manœuvre politique et réaffirment leur exigence d’une transition politique suivie d’assises nationales inclusives.
Le vendredi 9 octobre 2026, Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, a relancé la perspective d’échanges politiques au sein du CPC, en conviant des partis de l’opposition. Une initiative que les regroupements porteurs du « Manifeste Génération Togo » interprètent comme une tentative du pouvoir de sortir de l’impasse politique née de la réforme constitutionnelle.
Le regroupement est composé de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et « Touche Pas A Ma Constitution ». Ces différentes coalitions dénoncent ce qu’elles qualifient de « dialogue de dupes » et contestent la légitimité de cette démarche.
Selon elles, la priorité doit être accordée à une transition politique, suivie d’assises nationales inclusives destinées à refonder les institutions de la République.
Mise en garde contre toute participation au dialogue
Par ailleurs, « Manifeste Génération Togo » prévient les acteurs de l’opposition contre toute participation à cette initiative. Il accuse le pouvoir de chercher à rallier certains responsables politiques à sa démarche afin d’améliorer son image à l’international.
« Le peuple togolais ne s’associera pas à une manipulation qui le plongera davantage dans la souffrance et la misère », averti-t-il.
Les signataires rappellent qu’un mémorandum conjoint a été signé le 12 août 2026 avec les membres du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC). Ce document défend l’ouverture d’une transition politique et la mise en œuvre de réformes institutionnelles visant, selon ses auteurs, à rétablir l’ordre démocratique et l’État de droit.
Ils affirment également avoir dénoncé dès le 11 mars 2026 les manœuvres politiques qu’ils disent observer aujourd’hui dans la relance du CPC.
Dans un autre registre, Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, signataires du communiqué, appellent à l’application intégrale de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO.
« Nous, regroupements porteurs du “Manifeste Génération Togo”, dénonçons et rejetons avec force cette tentative malsaine de contournement de l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO », relate le communiqué.
Ils sollicitent l’implication du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, en lien avec les obligations prévues par la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
Pour ces acteurs politiques, l’enjeu dépasse les discussions entre le gouvernement et l’opposition. Ils estiment que la crise institutionnelle togolaise appelle une réponse politique plus large, fondée sur une transition et des assises nationales inclusives.
Les signataires invoquent également le précédent des sanctions politiques individuelles prises par la CEDEAO en 2018 contre des personnalités de Guinée-Bissau accusées d’entraver l’application de l’accord de Conakry. Ils plaident ainsi pour un traitement qu’ils souhaitent cohérent des crises institutionnelles dans la sous-région.
Ils appellent les forces vives de la nation et la population à rester vigilantes et mobilisées face à toute initiative qu’ils considèrent comme une diversion politique.Et invitent enfin les Togolais à rester à l’écoute du mot d’ordre de la « Journée patriotique d’avertissement » annoncée pour le 20 novembre 2026
Louis KAMAKO



