Du Togo à Nantes, la rue gronde : des membres de la diaspora togolaise au cœur de la mobilisation du 17 octobre

Déclenché par les lycéens, étendu aux étudiants avant de s’étendre à de nombreux secteurs de la société, le mouvement national du 17 octobre a mobilisé des dizaines de milliers de personnes sur tout le territoire national français.   À Nantes, la ville située d’environ 384 kilomètres de Paris, près de 20 000 manifestants ont été recensés selon le ministère de l’Intérieur. Plusieurs membres de la diaspora togolaise ont également participé au rassemblement.

Depuis plusieurs semaines, la mobilisation est portée par des lycéens et des étudiants dénonçant notamment le manque de moyens dans l’éducation nationale et la hausse du coût de la vie.

Les syndicats, des citoyens non encartés, des agriculteurs ainsi que d’anciens Gilets jaunes ont progressivement rejoint le mouvement donnant naissance à une journée de contestation d’ampleur nationale.

Dans la ville de La Cité des Ducs, trois cortèges se sont formés en début d’après-midi avant de converger vers le centre-ville. Avec une participation massive et importante, les rues autour de la place Foch, du Miroir d’eau et du cours Saint-Pierre ont rapidement été envahies par une foule compacte.

Parmi les manifestants figuraient également des étudiants, travailleurs et membres de la diaspora africaine, dont des Togolais venus exprimer leur inquiétude face à l’augmentation continue des dépenses du quotidien.

Pour ces derniers, les difficultés dénoncées par les manifestants concernent directement leur vie en France. Hausse des loyers, coût du transport, prix de l’alimentation, accès aux études ou à l’emploi : autant de réalités qui touchent aussi les ressortissants togolais installés dans l’Hexagone.

Toutefois, la manifestation a connu des moments de tension. Vers le cours Saint-André, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, empêchant notamment une partie du cortège d’avancer vers la préfecture. Plusieurs médias locaux ont également rapporté d’autres tirs de gaz dans le centre-ville au cours de l’après-midi. 

Présent dans le cortège, le journaliste Stéphane Pajot de Presse Océan a constaté que de nombreux participants tentaient alors de s’éloigner des nuages de gaz tandis que plusieurs familles, étudiants et manifestants non violents cherchaient à quitter la zone. Malgré ces tensions, une grande partie du rassemblement est demeurée pacifique.

Sur le plan national, la mobilisation a engendré d’importants rassemblements à Paris, Lyon, Marseille et dans plusieurs autres villes françaises. Si de nombreux cortèges se sont déroulés dans le calme, des incidents, des dégradations et plusieurs centaines d’interpellations ont également été signalés par les autorités.

Cette journée, pour une partie de la diaspora togolaise, marque surtout l’expression d’un malaise plus large. Plusieurs sources rappellent que l’ensemble de la population vivant en France, qu’elle soit française ou étrangère est touché par les difficultés économiques. Les étudiants togolais, particulièrement nombreux dans les universités françaises, suivent avec attention l’évolution de ce mouvement social alors que le coût de la vie continue de peser sur leurs conditions d’études et de séjour.

Roger KAMAKO (Stagiaire)

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