Médias d’Afrique : le pacte continental de Loïc Lawson pour une presse libre

Loïc Lawson a plaidé samedi pour la mise en place d’un pacte africain en faveur de la liberté de la presse. C’était à Dakar lors de la 2ᵉ édition du Salon international des médias d’Afrique (SIMA) a pris fin samedi à Dakar. Le président de l’Union internationale de la presse francophone (UPF Internationale) faisait partie des représentant des plus de 35 pays ayant pris part à cette rencontre consacrée à la souveraineté et à la performance de l’écosystème médiatique africain

Au cours du Salon, Loïc Lawson a animé un panel sur le thème « Vers un pacte africain pour la liberté de la presse ». La communication modérée par Prof. Sylla Sow, membre du comité de rédaction de l’Article 19 a été une aubaine pour le journaliste togolais de révéler les difficultés auxquelles les professionnels des médias africains restent confrontés.

Selon lui, la reconnaissance de la liberté de la presse dans les textes ne suffit pas si les professionnels ne disposent pas de garanties effectives pour exercer leur métier.

Selon les chiffres évoqués, près d’une vingtaine de pays africains sont concernés par des situations d’emprisonnement de journalistes pour des faits liés à leur activité professionnelle. À cette réalité s’ajoute la fragilité du statut de nombreux professionnels. Il a notamment avancé qu’environ 60 % des journalistes travaillent sans contrat, sans assurance et sans carte de presse.

Les propositions de Lawson pour une presse épanouie

Face à ces difficultés, le représentant de l’UPF Internationale propose la mise en place d’un pacte africain reposant sur plusieurs engagements. Le premier consiste à renforcer les garanties juridiques et professionnelles accordées aux journalistes. La deuxième porte sur la création d’une carte de presse africaine, destinée à favoriser la reconnaissance du statut des professionnels des médias à l’échelle continentale.

Le projet prévoit également la désignation, dans chaque pays, d’un juge spécialisé dans les questions relatives à la liberté de la presse. Cette proposition vise à favoriser un traitement adapté des affaires impliquant les journalistes et à prévenir les détentions préventives abusives. À ces mesures s’ajoutent des garanties sociales minimales, notamment la signature de contrats de travail, l’accès à une assurance et l’amélioration des conditions de rémunération.

L’ancien directeur de publication des Flambeaux des démocrates préconise par ailleurs un mécanisme d’alerte rapide, capable de déclencher une réaction dans un délai d’une heure en cas de menace contre la liberté de la presse.

« La liberté de la presse ne doit pas rester un principe inscrit dans les textes. Elle doit se traduire par des garanties concrètes pour les journalistes, dans l’exercice quotidien de leur métier », a-t-il déclaré.

Selon M. Lawson, la responsabilité de la protection des médias ne saurait incomber aux seules organisations professionnelles. Les pouvoirs publics, les acteurs du secteur et les institutions concernées doivent également prendre part à cette dynamique afin de créer un environnement favorable à l’indépendance éditoriale.

« Nous devons construire un cadre qui protège les journalistes, sécurise leur statut professionnel et permette aux entreprises de presse de travailler dans des conditions viables », a-t-il insisté.

SIMA et l’avenir des médias africains

Le SIMA est un cadre de rencontres et d’échanges entre les professionnels de l’information, les responsables d’entreprises de presse et les autres acteurs concernés par le développement des médias. Il offre un espace pour examiner les mutations du secteur et confronter les expériences issues de différents environnements nationaux.

Le Salon s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir du secteur médiatique sur le continent. Cette deuxième édition, organisée à Dakar, a réuni des représentants de plus de 35 pays autour des enjeux de souveraineté et de performance de l’écosystème médiatique africain.

Les discussions ont porté essentiellement sur la souveraineté médiatique renvoyant à la capacité des médias africains à produire et à diffuser leurs propres contenus, à maîtriser leurs outils de travail et à développer des modèles économiques durables.

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