Les personnes handicapées d’Afrique de l’Ouest célèbrent l’avancée du Togo dans le processus de ratification du Protocole africain sur le handicap. Une rencontre régionale de deux jours s’est ouverte vendredi à Lomé sur le sujet. La célébration est couplée de l’assemblée générale ordinaire de la Fédération ouest-africaine des associations de personnes handicapées (FOAPH).
Faire des droits des personnes handicapées une réalité, et non de simples engagements sur le papier. C’est l’ambition affichée à Lomé, où les acteurs du mouvement associatif se mobilisent autour du Protocole africain sur le handicap. Cette rencontre entend valoriser l’engagement du Togo, encourager les autres pays de la sous-région à accélérer leurs démarches et renforcer la participation des personnes handicapées aux décisions publiques.
Adopté en 2018 par l’Union africaine, le Protocole relatif aux droits des personnes handicapées complète les instruments internationaux de protection des droits humains en tenant compte des réalités africaines. Il aborde notamment la lutte contre les discriminations, l’accessibilité, l’éducation inclusive, l’emploi et la protection contre les pratiques préjudiciables.
Pour les organisations de personnes handicapées, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les engagements juridiques se traduisent par des changements concrets dans la vie quotidienne.
« L’enjeu dépasse la seule reconnaissance juridique. Il s’agit de faire évoluer les politiques publiques et de garantir aux personnes handicapées une participation pleine et entière à la vie sociale, économique et politique », a indiqué Gratien Akakpo-Numado, président de la Fédération togolaise des associations de personnes handicapées (FETAPH).
Plus de quinze États membres et observateurs de l’Union africaine ont déjà ratifié le texte et déposé leurs instruments.
« De plus en plus d’États membres ont compris que c’est une démarche nécessaire pour traduire dans l’acte leur engagement en faveur des droits des personnes », a salué Me Pacôme Yawovi Adjourouvi, ministre en charge de la justice à l’ouverture des travaux.
La FOAPH face au défi du renouvellement
Par ailleurs, la rencontre revêt une dimension institutionnelle. L’Assemblée générale ordinaire de la FOAPH doit permettre aux délégués d’examiner les rapports moraux, techniques et financiers des instances sortantes, puis d’élire un nouveau Bureau Conseil régional.
Ce renouvellement doit consolider la transparence et la légitimité démocratique de la fédération, tout en favorisant une représentation plus équilibrée des femmes, des jeunes et des différentes catégories de personnes handicapées dans les instances de décision.
Selon Yatma Fall, le président de la FOAPH le futur bureau devra notamment renforcer le plaidoyer auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), mobiliser davantage de ressources et assurer un meilleur suivi des politiques publiques en faveur de l’inclusion.
Les travaux doivent également permettre d’identifier les obstacles à la ratification du Protocole dans les pays de la sous-région. L’analyse comparative des législations nationales, la formulation de propositions de réforme et l’élaboration d’une feuille de route régionale figurent parmi les pistes annoncées.
L’objectif est de donner aux organisations nationales des outils concrets pour dialoguer avec les gouvernements et les parlements, défendre les réformes nécessaires et suivre les engagements pris.
La rencontre entend ainsi conjuguer renforcement de la gouvernance associative et accélération du plaidoyer régional, afin que les personnes handicapées soient pleinement reconnues comme des acteurs du développement et des citoyens à part entière.
Par ailleurs, au cours de la célébration, la FETAPH a décerné des distinctions honorifiques à plusieurs personnalités et acteurs institutionnels en reconnaissance de leur engagement déterminant dans le processus de ratification du Protocole africain sur le handicap par le Togo.
Parmi les récipiendaires figurent notamment le président du Conseil, Faure Gnassingbé, le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), des représentants du ministère chargé des Solidarités, ainsi que des députés et des sénateurs ayant contribué à cette avancée.
Gamé KOKO



