Université de Lomé: les 21è JSI placent la recherche face aux grands bouleversements du monde

Les 21è Journées scientifiques internationales (JSI) de Lomé ont été officiellement ouvertes mardi à l’Université de Lomé. L’événement réunit universitaires et acteurs de l’innovation, invités à réfléchir aux réponses africaines face aux bouleversements économiques, sociaux et géopolitiques. Il s’agit notamment pour les participants d’amener la science à sortir des laboratoires pour se confronter aux grandes questions du moment.

Les JSIL se veulent ainsi un espace de dialogue entre scientifiques et décideurs, mais aussi un lieu de valorisation des résultats de recherche. Cette année, les travaux sont organisés autour de huit grands domaines, des sciences naturelles et agronomiques aux sciences de la santé, en passant par les mathématiques, les sciences de l’ingénieur, les lettres et les arts, les sciences humaines et sociales, le droit, les sciences politiques et les sciences économiques et de gestion.

Dans le vif du sujet

Les journées ont été lancées la ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, en présence du délégué chargé de l’Enseignement supérieur, le Professeur Gado Tchangbedji, et du président de l’Université de Lomé, le Professeur Kossivi Hounaké.

Le thème retenu pour cette 21ᵉ édition donne le ton : « Solutions endogènes et durables face aux mutations sociales, économiques et géopolitiques : rôle de la recherche et de l’innovation ». L’objectif est de réfléchir aux moyens pour les pays africains de réduire leur dépendance aux modèles importés et de transformer leurs propres connaissances en solutions adaptées aux réalités locales.

« Nous avons la détermination, les compétences et le potentiel nécessaires pour participer à la modernisation du pays et à son développement », a déclaré Prof Hounake.

Conférences plénières, ateliers de communications, tables rondes, concours de posters et expositions de produits issus de la recherche et de l’innovation rythment les quatre jours de rencontres. Le site officiel des JSIL fait état de plus de 1 100 résumés et de participants issus de 17 pays, signe d’une volonté d’ouverture internationale.

« Nos pays ne peuvent pas se contenter d’importer des pensées élaborées ailleurs, dans des contextes qui ne sont pas les nôtres. Nous devons inventer, produire et innover à partir de nos propres réalités», a rappelé Prof Tchangbedji.

Pour sa part, M. Omorou a appelé à préserver la capacité du continent à produire et à maîtriser son propre savoir. Une question qui touche directement à la souveraineté scientifique et à l’avenir des universités africaines. « Ne laissons pas les autres écrire notre histoire à notre place », a-t-il lancé.

Les économies africaines face aux chocs du Moyen-Orient

La réflexion s’est prolongée avec la conférence inaugurale donnée par le Dr Koffi Sodokin, consacrée aux « chocs géographiques moyen-orientaux et économies africaines : vulnérabilité pétrolière structurelle, régimes de change et frictions financières ».

Cette conférence met en lumière une question particulièrement sensible pour les économies africaines : leur exposition aux soubresauts extérieurs. Les tensions et crises qui affectent le Moyen-Orient peuvent se transmettre aux économies du continent à travers les prix de l’énergie, les mouvements de capitaux, les taux de change et, plus largement, les équilibres financiers.

Le choix de ce sujet illustre précisément l’ambition des JSIL : partir des grands bouleversements internationaux pour mesurer leurs effets sur les économies africaines et rechercher des réponses adaptées.

Louis KAMAKO

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