e-ID Togo : plus de 6 millions d’enregistrements, le pari de l’identité numérique gagné

Plus de six millions de personnes ont déjà été enregistrées dans le cadre du projet e-ID Togo. Près de 5,9 millions de cartes d’identification ont également été produites, dont environ 80 % ont été remises à leurs titulaires. Ces résultats interviennent alors que les opérations viennent de s’achever dans la région Centrale.

La campagne d’identification biométrique, conduite par l’Agence Nationale d’Identification (ANID), s’est déroulée pendant quatre semaines dans les cinq préfectures de la région. Lancées en novembre 2024, les opérations ont déjà couvert les Savanes, le District autonome du Grand Lomé, la région Maritime et la région des Plateaux.

La prochaine étape concerne la région de la Kara. Les équipes doivent y être déployées entre octobre et décembre 2026. Cette dernière phase permettra d’étendre l’opération à l’ensemble du territoire national.

Un dispositif inscrit dans le programme WURI

L’e-ID Togo constitue l’un des projets prioritaires du gouvernement dans le domaine de la transformation numérique. Le dispositif est mis en œuvre dans le cadre du programme WURI, financé par la Banque mondiale en partenariat avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

Le programme vise à permettre aux populations des pays participants de disposer d’une identité fondamentale fiable et reconnue par les autorités. Il doit également favoriser l’interopérabilité des systèmes d’identification et faciliter l’accès aux services publics et privés.

Le projet a d’abord été déployé en Côte d’Ivoire et en Guinée, avant son extension au Bénin, au Burkina Faso, au Niger et au Togo.

La protection des données personnelles, le renforcement des cadres juridiques et institutionnels ainsi que la mise en place de systèmes d’identification robustes constituent les principaux axes du programme. WURI doit aussi accompagner les efforts d’inclusion sociale et financière et soutenir la libre circulation dans l’espace communautaire.

Le Togo mise sur une technologie à code ouvert

Pour son système d’identification, le Togo utilise MOSIP, une plateforme à code source ouvert conçue pour les systèmes d’identité numérique.

Ce choix doit permettre à l’État de conserver la maîtrise de son infrastructure et de limiter sa dépendance à un fournisseur technologique unique. La plateforme offre également des possibilités d’interopérabilité avec d’autres systèmes nationaux et régionaux.

Chaque personne enregistrée reçoit un Numéro d’Identification Unique, appelé NIU. Cet identifiant doit progressivement être utilisé dans les démarches administratives et pour l’accès à différents services.

Près de six millions de cartes déjà produites

Les données disponibles montrent l’ampleur de la campagne menée depuis son lancement. Un peu plus de six millions de personnes ont été enregistrées et près de 5,9 millions de cartes ont été produites.

La distribution se poursuit dans les différentes localités. Environ quatre cartes sur cinq ont déjà été remises à leurs bénéficiaires.

Le Togo figure ainsi, avec le Bénin, parmi les pays participant au programme WURI disposant d’un système opérationnel permettant d’assurer l’enregistrement biométrique, l’attribution d’un identifiant unique et la production d’une carte d’identification.

Après la phase d’enregistrement, l’utilisation effective de l’e-ID devient un enjeu central. L’objectif est de permettre aux personnes identifiées d’utiliser leur document et leur NIU pour accéder plus facilement aux services publics et privés. Dans les localités éloignées, cette ambition dépendra notamment de la présence réelle des services publics et de leur capacité à intégrer le nouveau système.

Les établissements financiers sont également concernés. L’utilisation de l’e-ID pour vérifier l’identité des clients pourrait notamment faciliter certaines démarches liées à l’ouverture de comptes et à l’accès aux services financiers.

La fin progressive de la campagne de masse ne met pas un terme au processus d’identification. Le dispositif devra continuer à accueillir les personnes qui n’ont pas encore été enregistrées ainsi que les nouvelles générations.

Cette continuité permettra de maintenir un registre régulièrement actualisé et de conserver la fiabilité des données sur le long terme.

Les communes auront également un rôle important dans cette nouvelle phase. En raison de leur proximité avec les populations et de leurs responsabilités dans le domaine de l’état civil, elles devraient être au cœur de l’intégration de l’e-ID dans les démarches administratives courantes.

Avec les opérations prévues dans la région de la Kara, le programme togolais doit poursuivre son extension jusqu’à une couverture nationale. La question sera ensuite de transformer cette infrastructure d’identification en un outil effectivement utilisé dans la vie quotidienne, par les administrations, les entreprises et les citoyens.

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