Le gouvernement togolais répond enfin aux interrogations de l’opposition sur la présence présumée de personnels russes dans le pays. Le ministre des Affaires étrangères Robert Dussey dément la présence de mercenaires russes, tout en reconnaissant celle de formateurs militaires russes.
La question de la présence russe au Togo revient au premier plan. En juillet dernier, plusieurs organisations de l’opposition avaient demandé aux autorités togolaises de faire toute la lumière sur la présence présumée de forces étrangères dans le nord du pays, notamment de personnels russes liés à l’Africa Corps.
Dans une déclaration commune, ces formations politiques évoquaient également la présence présumée d’éléments turcs liés à la société militaire privée SADAT. Elles réclamaient notamment des informations sur les effectifs, les missions et le cadre juridique de ces éventuels déploiements. À cette période, aucune confirmation officielle n’avait été apportée par Lomé.
Deux mois plus tard, le ministre togolais des Affaires étrangères apporte une première réponse publique. Interrogé par France 24, Robert Dussey rejette catégoriquement l’hypothèse d’un déploiement de mercenaires russes au Togo.
« Je vous dis que c’est faux. Nous n’avons pas de mercenaires russes », affirme Robert Dussey.
Le chef de la diplomatie togolaise reconnaît cependant la présence de ressortissants russes dans le pays. Selon lui, il s’agit de formateurs militaires, présents dans le cadre de la coopération entre Lomé et Moscou et notamment pour accompagner les forces togolaises dans l’utilisation des équipements militaires russes.
« Nous avons des formateurs. Quand vous achetez un hélicoptère français, un hélicoptère américain, un hélicoptère chinois ou un hélicoptère russe, ce sont bien sûr des formateurs qui viennent entraîner nos forces de défense et de sécurité, entraîner les pilotes », explique le ministre.
Cette mise au point intervient dans un contexte de rapprochement militaire entre Lomé et Moscou. Le Togo et la Russie ont conclu en 2025 un accord de coopération militaire qui prévoit notamment la possibilité de faire intervenir des instructeurs, ainsi que des navires et des aéronefs militaires russes.
Des interrogations qui restent ouvertes
La déclaration de Robert Dussey apporte donc une distinction entre formateurs militaires russes et mercenaires de l’Africa Corps. Mais elle ne répond pas à toutes les interrogations soulevées en juillet par l’opposition.
Plusieurs sources et analyses publiées ces derniers mois ont fait état d’une présence plus importante de personnels liés à l’Africa Corps au Togo. Le Centre for Threats and Threat Assessment, par exemple, affirme que des personnels de l’Africa Corps auraient été déployés au Togo en 2026 et avance le chiffre de 300 à 350 hommes. Ces informations ne sont toutefois pas confirmées par le gouvernement togolais, qui nie précisément la présence de mercenaires russes.
L’enjeu est donc désormais de savoir qui sont exactement les personnels russes présents au Togo, combien ils sont et quelles sont leurs missions.
Une chose est en revanche officiellement reconnue par Lomé : la coopération militaire avec Moscou existe et des formateurs russes sont présents sur le territoire togolais.
La question posée par l’opposition en juillet — celle de la transparence sur la présence de forces étrangères — reste ainsi au cœur du débat sécuritaire togolais.



