Le Patronat de la presse togolaise (PPT) ne lâche pas l’affaire. Deux ans après l’agression de six journalistes au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) à Lomé, l’organisation hausse le ton. Dans un communiqué publié mardi, elle dénonce l’absence d’interpellations et le silence des autorités sur l’évolution des enquêtes annoncées.
Les faits remontent au 29 septembre 2024. Ce jour-là, Yvette Sossou, Godfrey Akpa, Hyacinthe Gbloédjro, Yawo Klousse, Romuald Koffi Lansou et Albert Agbeko s’étaient rendus au siège de la CDPA pour couvrir une rencontre citoyenne en présence du député sénégalais Guy Marius Sagna.
Les six journalistes avaient alors été violemment pris à partie. Leur matériel professionnel avait été arraché puis jeté dans un puits. Deux ans plus tard, aucune interpellation n’a été effectuée et aucune information officielle sur l’état des investigations n’a été communiquée.
Pour le Patronat, cette situation est d’autant plus préoccupante que les victimes avaient effectué des dépositions auprès des institutions compétentes. L’organisation estime que leur abandon face à ce qu’elle qualifie de traumatisme constitue « une prime à l’impunité ».
Le PPT demande des interpellations
Dans son communiqué, le PPT réclame l’accélération des procédures judiciaires, l’interpellation des auteurs présumés des violences et l’identification de leurs éventuels commanditaires.
L’organisation professionnelle met également en cause l’attitude des forces de l’ordre présentes sur les lieux au moment des faits. Elle demande qu’une enquête administrative permette de déterminer les responsabilités liées à leur « non-assistance à personnes en danger », selon les termes employés dans le communiqué.
« L’impunité ne saurait être la réponse de l’État de droit », affirme le communiqué signé par Honoré Kokouda Adontui, président du PPT.
Le PPT estime par ailleurs que l’absence de suites visibles à cette affaire fragilise l’exercice du journalisme et le droit du public à l’information. L’organisation appelle donc le gouvernement à garantir un environnement « sain, sécurisé et libre » pour les professionnels des médias.
« Cette indifférence fragilise la liberté de la presse et le droit du public à l’information », dénonce M. Adontui.



