Togo : Gaël Mocaër, Sebastian Perez Pezzani et Fred Vedomey, les raisons d’une remise en liberté provisoire inattendue

Les deux journalistes-réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur fixeur togolais Fred Vedomey, sont désormais libres. Le juge d’instruction chargé du dossier a ordonné ce mardi 1er septembre leur mise en liberté provisoire, après plusieurs semaines de détention à Lomé.
Cette décision constitue une nouvelle étape dans une affaire qui avait rapidement pris une dimension diplomatique entre Lomé et Paris. Les trois hommes avaient été arrêtés le 27 juillet dans le nord du Togo, alors qu’ils réalisaient un épisode de la série documentaire Les Routes de l’impossible, produite par Tony Comiti Productions et diffusée sur France 5.
Après leur interpellation, ils avaient d’abord été maintenus sous le contrôle des autorités avant d’être transférés à Lomé. Le 17 août, ils avaient été inculpés pour « fausses déclarations » et placés sous mandat de dépôt.


Des irrégularités administratives au cœur du dossier


Selon l’Etat togolais, la procédure ne porte pas sur le contenu du documentaire ni, officiellement, sur l’exercice de la liberté de la presse. Elle concerne les conditions dans lesquelles le tournage aurait été réalisé.
Le gouvernement affirme notamment que l’autorisation de tournage délivrée le 19 juin était établie au nom du producteur-réalisateur togolais Komi Mawufemo Védomey et limitée à certaines localités. L’équipe aurait toutefois tourné dans des zones qui ne figuraient pas dans ce périmètre, notamment à Mango, Guérin-Kouka et Matchatom. Les autorités ont également évoqué l’utilisation d’un drone.
La production, de son côté, affirme que l’équipe disposait bien d’une autorisation de tournage délivrée par les autorités togolaises. Des organisations professionnelles, dont la Fédération internationale des journalistes et Reporters sans frontières, avaient dénoncé une détention jugée disproportionnée et demandé la libération des trois hommes.


Une liberté qui ne met pas fin aux poursuites


La décision prise ce mardi ne signifie toutefois pas que l’affaire est terminée. Les trois hommes restent concernés par l’information judiciaire ouverte à leur encontre. Ils sont désormais libres, mais le juge d’instruction doit encore poursuivre ses investigations et déterminer les suites judiciaires à donner au dossier.
Cette remise en liberté intervient après plusieurs semaines de détention et alors que l’état de santé de Sebastian Perez Pezzani avait suscité l’inquiétude de plusieurs organisations de défense de la presse. Le journaliste avait notamment été placé sous contrôle judiciaire pour raisons médicales avant la décision de ce mardi.
Pour l’heure, aucune information officielle ne permet d’affirmer que les poursuites sont abandonnées ou que les trois hommes sont définitivement blanchis. La justice togolaise poursuit donc son enquête, tandis que les journalistes et leur collaborateur ont retrouvé leur liberté.

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