Togo : Dogta-Lafiè révolutionne la chirurgie du dos avec une première nationale

L’hôpital Dogta-Lafiè a réalisé mercredi ses deux premières interventions de chirurgie endoscopique du rachis. Une première au Togo qui marque une avancée importante dans la prise en charge des maladies de la colonne vertébrale.

L’opération médicale inédite a été conduite par une équipe de neurochirurgiens togolais dirigée par le professeur Essossinam Kpelao, en collaboration avec des spécialistes du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux, en France, sous la conduite du professeur Jean-Rodolphe Vignes.

La particularité de cette technique réside dans son caractère mini-invasif. Contrairement à la chirurgie classique, qui nécessite généralement une incision plus importante et une mobilisation des muscles entourant la colonne vertébrale, l’approche endoscopique repose sur une petite ouverture d’environ un centimètre. Une caméra miniature et des instruments spécifiques permettent au chirurgien d’intervenir avec précision sur la zone concernée.

À la clé, une réduction des traumatismes musculaires, des douleurs postopératoires et du temps d’hospitalisation.

Les premiers résultats de cette mission sont encourageants. Selon le professeur Essossinam Kpelao, le premier patient opéré a pu envisager une remise debout beaucoup plus précoce qu’avec les méthodes conventionnelles.

« D’habitude, il faut attendre deux ou trois jours pour pouvoir mettre un patient debout. Mais cette fois-ci, avec cette technique, il pourra se lever d’ici une heure et marcher », a expliqué le neurochirurgien.

La sortie du premier patient était envisagée dès le vendredi 6 novembre, sous réserve de son évolution clinique.

Cette approche concerne notamment certaines hernies discales et des affections dégénératives de la colonne vertébrale susceptibles de provoquer des douleurs lombaires, des sciatiques et des difficultés à marcher. Son indication reste toutefois soumise à une évaluation médicale individuelle.

Lomé et Bordeaux renforcent leur coopération médicale

Au-delà de la performance technique, cette première intervention traduit également le renforcement de la coopération médicale entre le Togo et la France.

Les équipes de Lomé et de Bordeaux travaillent ensemble depuis trois ans. Cette collaboration, initialement engagée au CHU de Lomé, franchit ainsi une nouvelle étape avec l’introduction de la chirurgie endoscopique du rachis à Dogta-Lafiè.

Pour le professeur Jean-Rodolphe Vignes, il s’agit avant tout d’un partenariat destiné à accompagner les professionnels togolais dans l’acquisition de nouvelles compétences et la maîtrise de techniques chirurgicales modernes.

Le spécialiste français a également salué la qualité du plateau technique de l’établissement, tout en soulignant la nécessité de compléter certains équipements spécifiques pour permettre aux équipes locales de gagner davantage en autonomie.

Si cette première constitue une avancée pour la neurochirurgie togolaise, le véritable enjeu reste désormais celui de son accessibilité.

L’ambition affichée par les spécialistes est de consolider les compétences acquises et, à terme, d’étendre cette technique à d’autres établissements hospitaliers publics du pays.

Pour l’heure, seules deux interventions ont été réalisées dans le cadre de cette première mission. Une prochaine collaboration pourrait permettre de consacrer davantage de temps aux opérations et à la formation pratique des équipes togolaises.

Louis KAMAKO

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