Électricité au Togo, payer toujours plus pour subir encore les coupures

Au Togo, les consommateurs pourraient bientôt subir une nouvelle pression sur leur pouvoir d’achat. Alors que les coupures d’électricité se multiplient, la perspective d’une augmentation du prix du kilowattheure suscite déjà l’inquiétude. Une situation qui provoque la colère de la Ligue des consommateurs du Togo (LCT), déterminée à empêcher que les ménages paient davantage pour un service dont la qualité laisse à désirer.

Dans un communiqué publié lundi, l’organisation dénonce les conséquences des interruptions intempestives de courant. Appareils électroménagers endommagés, denrées alimentaires perdues, activités économiques paralysées et dépenses supplémentaires pour les groupes électrogènes. Les préjudices touchent aussi bien les ménages que les commerçants, les artisans et les petites entreprises. La LCT rappelle que « Chaque coupure non programmée est pour lui un préjudice ».

Au-delà des désagréments quotidiens, l’organisation pointe une contradiction qu’elle juge difficilement acceptable. Comment justifier une nouvelle hausse des tarifs alors que les consommateurs ne bénéficient pas d’une fourniture régulière et fiable ?

Bientôt des assises nationales de l’eau et de l’énergie ?

La Ligue rappelle notamment qu’en mars 2025, une augmentation moyenne d’environ 12,5 % des tarifs de l’électricité avait provoqué une vive indignation avant d’être partiellement suspendue. Elle exige désormais une concertation sincère avec les associations de consommateurs avant toute nouvelle décision tarifaire.

La pression sur les ménages est d’autant plus préoccupante que le coût de la vie continue de grimper. Alimentation, transport, loyers, scolarité et carburants pèsent déjà lourdement sur des revenus qui, eux, ne suivent pas la même évolution. La LCT évoque également de persistantes informations faisant état de pressions du Fonds monétaire international (FMI) sur le gouvernement pour augmenter les prix de l’eau et de l’électricité. Elle demande aux autorités de clarifier publiquement cette question.

Pour la Ligue, les difficultés financières du secteur ne peuvent servir de justification à une facture toujours plus lourde pour les citoyens.

 « Le consommateur ne saurait être la variable d’ajustement de déficits dont il n’est pas responsable », indique le communiqué signé par Dr Emmanuel Sogadji, président de la Ligue.

Face à cette situation, la LCT réclame l’organisation d’Assises nationales de l’eau et de l’énergie. Ces rencontres devraient réunir l’État, les régulateurs, la CEET, la TdE, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, les syndicats et les associations de consommateurs. L’objectif est de construire une politique énergétique durable et adaptée aux réalités togolaises.

Mais pendant qu’on y est, l’organisation demande la suspension de tout projet d’augmentation des tarifs de l’eau et de l’électricité, davantage de transparence sur les coûts du secteur, un programme public de réduction des coupures ainsi que la préservation et l’élargissement de la tranche sociale.

La LCT se dit disponible pour un dialogue constructif, mais appelle les consommateurs à rester vigilants et à signaler les préjudices subis. Son message aux autorités est sans ambiguïté.

« L’énergie et l’eau ne sont pas des biens de luxe, elles sont les conditions mêmes de la dignité et du développement. », a conclu Dr Sogadji.

Angel Good Luck

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